Chirurgie d'implants faciaux

Suite à la première guerre mondiale qui ayant permis son développement , il a été du ressort de la chirurgie Maxillo-faciale de réparer les visages traumatisés, amputés d’une partie de leur morphologie ou de leur fonction, ou de corriger une disgrâce de naissance. Tout le monde se souvient des gueules cassées, du Val de Grâce et du fameux roman de Marc Dugain, « la chambre des officiers », où les blessés logés en salle commune ne pouvaient se voir que dans le regard de l’autre, tous les miroirs ayant été soigneusement retirés…De nos jours heureusement l’époque a changé et les patients aussi…La demande en chirurgie esthétique a largement supplanté celle de chirurgie reconstructrice mais la pose d’implant facial obéit à ces deux domaines.

Chirurgie des implants faciaux

Jusqu’à présent les moyens utilisés passaient par un prélèvement sur le patient lui-même (greffe osseuse par exemple ou lambeau de transposition d’un tissu vers une perte de substance) mais certaines parties du visage restent complexe à reconstruire, notamment celle présentant un volume saillant (arcade, ovale du visage, nez, front, orbite).

L’industrie médicale et les progrès technologiques permettent à présent à partir d’un scanner du squelette facial (massif facial) de reconstruire de manière tridimensionnelle cette architecture. Partant de cette étape, il sera possible de délimiter informatiquement le volume manquant, puis de le modeler de manière millimétrique afin qu’il épouse parfaitement les contours de la région en cause et restitue de manière optimale ce volume.

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Il faut différencier l’implant facial, qui sera localisé sous les tissus mous au contact de l’os pour restaurer un volume, des épithèses réalisant le remplacement des tissus durs et mous d’une partie du visage (nez, oreille) et des prothèses (type prothèse articulaire mandibulaire) remplaçant une fonction.

La structure de cet implant facial peut être du titane (titane poreux, très résistant mais allégé) ou un polymère (polyethylène poreux). Dans tous les cas sa nature doit être bio et ostéocompatible pour être parfaitement tolérée par le corps humain, car le retrait n’est généralement ni prévu ni souhaitable du fait d’un recouvrement osseux. Sa tenue est assurée par un vissage dont la longueur et la localisation sont prévues selon la simulation d’aval pour s’adapter parfaitement au site receveur.

Les implants faciaux les plus souvent posés sont :

  • Des implants d’angles mandibulaires : permettant d’harmoniser l’ovale (ou le carré !) du visage en se plaçant sous la mâchoire du bas.
  • De menton : pour les mentons courts et très rétrus, non traitables par génioplastie simple.
  • De pommettes dits implants zygomatiques ou malaires : afin de recréer une projection jugale haute synonyme de jeunesse, car certains visages sont très plats avec relâchement précoce du tissu cutané. Egalement employé dans certains syndromes présentant une hypoplasie malaire (absence de développement) .
  • Crâniens ou orbitaires : pour recréer une arcade orbitaire (cas présenté) ou une anomalie de la voute crânienne suite à une amputation traumatique, chirurgicale voire congénitale.
  • Les implants dentaires sont un type particulier d’implant permettant après leur ostéointégration dans les mâchoires de supporter une prothèse dentaire unique ou multiple en céramique. Ils ont donc à la fois une fonction esthétique et fonctionnelle.
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La procédure est conduite sous anesthésie générale pour plus de confort et les voies d’abord pour la pose sont les plus discrètes possibles, le plus souvent en endo-buccal, garantissant leur invisibilité. Du fait du caractère définitif de ces implants et des risques opératoires classiques (infection, nécessité de retrait précoce) leur indication en chirurgie esthétique doit être bien pesée et n’intervenir que pour des déformations importantes. 

De la même manière et malgré les bons résultats des implants faciaux, une alternative chirurgicale doit si possible être proposée afin de ne pas forcément s’engouffrer dans le « tout technologique » :

  • génioplastie par ostéotomie : c’est-à-dire une section puis une avancée du menton osseux qui consolidera de manière naturelle par la suite, pour les mentons fuyants ou asymétriques.
  • lipostructure : prélèvement d’adipocytes ou cellules graisseuses par liposuccion qui sont ensuite préparées puis injectées pour recréer le volume défaillant. L’avantage de cette technique est de réaliser une greffe qui perdure par la suite.
  • Greffe osseuse : notamment au niveau des mâchoires mais aussi du nez ou du plancher de l’orbite
  • Acide hyaluronique : principalement pour les déformations minimes
  • Ciment chirurgical : qui permet par exemple d’harmoniser des anomalies de la voute crânienne ou du front.

Dans un futur proche, ces implants en titane pourraient être utilisés médicalement pour rétablir une fonction, en jouant le rôle d’interface entre l’extérieur et le corps humain ; l’ingénierie biomédicale travaille déjà dessus.

Le coût de l’intervention peut être pris en charge en partie par la sécurité sociale s’il s’agit d’une chirurgie réparatrice. En cas de finalité esthétique, l’hospitalisation et le coût de l’implant sont bien sûr à la charge du patient.

 

publié: 29.12.2016